Vers un avenir plus serein …

Bonjour mes poussins.
Pas de couture aujourd’hui mais un article blabla. Ce sujet me tiens particulièrement à cœur. Je vais essayer de rédiger un article qui ne sera pas trop fouillis mais il est difficile d’établir un plan organisé pour un sujet aussi vaste et sensible. Je vais donc sortir les choses comme je les ressens. Je vais sûrement me répéter, oublier des choses … mais je pense à cet article depuis longtemps et il est temps de poser les mots.

Quand j’aborde mon aversion pour les Violences Educatives Ordinaires (VEO : violences physiques, cris, humiliations, privations, négligence …), j’entends souvent les mêmes remarques :
– « Une fessée de temps en temps ça ne fait pas de mal »
– « J’ai été élevé à la dure et maintenant je suis un adulte heureux, épanoui et respectueux … »
– « Et comment je suis censé faire s’il/elle ne m’obéit pas ? »
– «  A leur laisser tout faire, on en fait des enfants rois, des capricieux … »
– « Tu sais ce qu’on dit ? Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants »
– «  Ah ben bonne chance si tu es mère un jour, tu vas te faire bouffer par tes enfants  »
– «  Les enfants ont besoin de règles, d’un cadre »

A mon sens, et je pense – j’espère- ne pas être la seule à avoir cette opinion, nous formons une société dans laquelle la solidarité, l’altruisme, l’empathie … sont des concepts très très flous. L’incapacité à se mettre à la place de l’autre, de se préoccuper de l’autre, d’accepter son ressenti … mène à des incompréhensions, de la frustration, des abus, de la violence psychologique et même physique, des situations d’injustice inadmissibles. Que nous le voulions ou non, nous faisons parti de cette société, nous sommes une pièce de ce monde mais nous en sommes également le produit. J’ai le sentiment que beaucoup ne perçoivent pas cette réalité : les enfants d’aujourd’hui sont des adultes en devenir. Ce qu’on leur enseigne en tant qu’individus mais aussi en tant que groupe constituera donc la société future, le monde de demain. Celui dans lequel nous allons vieillir et dans lequel nos enfants vont évoluer … Ainsi, veiller à leur bon développement est important pour l’enfant en tant qu’individu mais aussi pour l’avenir de la société. Éduquer les enfants en leur enseignant l’empathie, la solidarité … fera un monde moins violent et plus juste. De fait, ce n’est pas uniquement l’affaire des parents ; l’éducation est l’affaire de tous.   

Une fois ce constat établi, il est donc évident que je suis aussi légitime que n’importe qui pour aborder l’Éducation. D’autant plus que, comme je l’expliquais déjà ici, j’ai une grande expérience des enfants et que j’ai un intérêt développé pour la psychologie qui m’a amené à me documenter énormément sur le sujet.

Alors, pourquoi ai-je choisi de défendre l’éducation positive/ bienveillante en opposition à l’éducation dite traditionnelle et aux VEO ?
En fait, c’est un choix sans en être un. En vérité, c’est juste de la science. On sait qu’un enfant est un individu en construction. Il évolue beaucoup par mimétisme. Donc, en adoptant une attitude respectueuse, on obtient le respect. En se montrant empathique, on lui apprend l’empathie. En lui apportant de l’aide, on lui enseigne la solidarité … C’est en adoptant un comportement juste envers son enfant qu’on obtiendra de lui qu’il se comporte justement.

Oui, mais s’il n’obéit pas ?! Élever un enfant n’est pas du dressage. On ne doit pas attendre de lui une obéissance absolue sans aucune réflexion. Au lieu de la soumission, c’est le libre-arbitre qu’on devrait lui enseigner. C’est un individu avec une volonté propre, le droit de faire ses propres choix, de ressentir différemment et d’exprimer ses opinions. Mais que devrait-on faire ? Écouter, accepter ses sentiments même s’ils ne sont pas ceux qu’on attendait, discuter, expliquer, donner notre point de vue, exprimer notre ressenti également. Oh oui, ça prend du temps, c’est épuisant !

La pluie ne s’arrête pas de tomber parce qu’on avait prévu un pique-nique. Le soleil ne se cache pas parce qu’on a oublié sa crème solaire. L’enfant ne devient pas un robot parce qu’on est fatigué. Ce sont des faits. On ne peut pas influer sur les éléments mais nous, les adultes, on est en capacité s’adapter. On peut installer sa nappe et pique-niquer au milieu du salon, chercher un magasin pour acheter de la crème solaire … Vis-à-vis de  l’enfant, c’est pareil. On ne peut pas juste attendre qu’il agisse comme on le voudrait. La différence c’est qu’on n’engendrera pas de traumatismes au soleil si on lui crie dessus. On aura juste l’air con ^^

Quand on voit les choses de cette façon. Quand on a la connaissance qu’un enfant est individu qui a des besoins, des envies, des sentiments légitimes. Qu’il n’est pas une pâte à modeler mais qu’il est notre égal, que ses idées et son ressenti ont autant de valeur que les nôtres. Et que les privations, brimades, cris, fessées lui nuisent de façon immédiate mais aussi durable. A ce moment là, je ne vois pas comment il serait possible de juste fermer les yeux sur ces informations et de continuer à agir d’une façon qui est nocive pour un être dont la construction et donc l’avenir reposent sur nous. Donc non, quand je serai mère, ces données ne vont pas cesser d’exister comme je ne pourrais ignorer que la pluie mouille ou que le feu brûle.

Oui mais, me direz-vous, les enfants ont besoin d’un cadre, de règles, de limites … Il y a une nuance énorme entre ne pas contraindre, ne pas ordonner et ne pas poser de limites. On a tous besoin de règles. Des règles pour vivre en société, des règles de sécurité. Éduquer ses enfants de façon bienveillante n’est pas de ne pas leur offrir de cadre. C’est leur offrir un cadre souple, un espace sécurisé physiquement et psychologiquement dans lequel ils pourront évoluer sans se heurter aux murs de l’autoritarisme. Un espace où ils pourront parler et se construire. Tomber et se relever. Faire des erreurs et les réparer. Ne pas offrir de règles, ne pas poser de cadre, le laxisme … c’est de la négligence et c’est une forme de maltraitance. Ce serait contre productif. Ça n’a rien à voir avec l’éducation bienveillante.

Pour résumer, je dirais que l’Éducation est à mon sens une expérience de partage. Les enfants apprennent de nous mais ils nous apprennent beaucoup aussi. Nous n’avons pas à avoir peur d’eux, de leurs réactions. Nous n’avons pas à soumettre et à dominer. Juste à vivre ensemble, s’écouter, se respecter, s’aimer et être parfois un peu heureux. Bon plan, non ?! Qu’en pensez-vous ? A moi, ça me parait réalisable.

En rédigeant cet article, mon but n’est pas de juger et de fustiger des parents. Pas du tout ! Au contraire, je vois beaucoup de parents se débattre avec leur parentalité et j’aimerais pour eux plus de sérénité, de bonheur et moins de détresse. Il existe des supports sur lesquels s’appuyer. Alors si jamais je vous ai donné envie d’en savoir un peu plus, je peux vous conseiller certaines ressources sur le sujet :

Mon top 4 des livres :

1 – Une petite introduction super rapide et pas du tout rébarbative qui évoque le pourquoi et le comment de l’éducation bienveillante. Les 50 règles d’or de l’éducation positive, Bénédicte Péribère et Solenne Roland-Riché.

2- Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent , Adèle Faber et Elaine Mazlish. Il s’agit d’un guide, une méthode d’éducation pour valoriser la communication. Le plus c’est qu’il propose des solutions non-violentes et participatives avec des exercices … J’adore (j’ai été jusqu’à me former pour pouvoir transmettre la méthode à des parents en difficultés. Je n’ai pas encore osé lancer des ateliers mais c’est un de mes buts).

3- Le premier livre que j’ai lu à propos du développement de l’enfant. Celui qui a engendré tous mes questionnements et mon envie d’en savoir encore plus. Au cœur des émotions de l’enfant, Isabelle Filliozat.

4- Je crois que celui-ci est mon favori. J’aurais voulu l’écrire tellement j’en approuve le contenu. Parents bienveillants, enfants éveillés, les 10 clefs de l’éducation efficace, Laurence Dudek.

Si vous n’êtes pas de grands lecteurs, no panic ! Il existe aussi des vidéos super intéressantes sur le sujet. Vous pouvez commencer avec la chaine d’Isabelle Filliozat , des vidéos de Christine Gueguen, comme celle-ci et Parentalité pas à pas.

N’hésitez pas à multiplier les approches. Il existe aussi beaucoup de blogs, de comptes insta … sur la parentalité positive.

Voilà voilà, ça c’est fait ! J’aime beaucoup parler, échanger, débattre en général et surtout sur ce sujet. Vous pouvez commenter, poser des questions, partager vos opinions même si elles sont contraires à la mienne mais, même si le sujet vous touche particulièrement, toujours dans le respect , s’il vous plait. Cet article m’a demandé un looooong moment de rédaction. Gardez à l’esprit que c’est un condensé de mes lectures, opinions, de mon vécu et qu’il n’a pas été écrit pour nuire, bien au contraire.

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6 réflexions sur “Vers un avenir plus serein …

  1. Moi je dis : tu seras une bonne mère 😍 Je dirais même plus tu serais aussi une bonne coach en atelier J’ai déjà vu tellement de parents dépassés, quand j’étais maîtresse, qui auraient été très demandeurs de ce genre d’atelier L’éducation des enfants ce n’est inné Je me rappelle notamment de ce père qui s’était retrouvé père isolé du jour au lendemain Il avait essayé de se rapprocher de la Pmi lors de la réunion de rentrée de l’école Il avait l’air tellement désespéré Ce genre d’atelier lui aurait redonné de l’espour😀

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    1. Merci pour ton commentaire. C’est pour ça que je me suis lancée dans la formation. Le bien-être des enfants me préoccupe mais au final, celui des parents aussi. On ne devrait pas subir ses enfants et culpabiliser constamment … Tout le monde mérite une vie de famille harmonieuse. Mais se lancer comme coach … Syndrome de l’imposteur sûrement.

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  2. avec ça comme objectif, « On va le rendre meilleur ce monde », forcément tu n’auras de retour négatif 🙂 on essaye d’y croire, tous un peu ou beaucoup. En tant que maman maintenant j’expérimente aussi les limites de ma bienveillance, ma fatigue, le stress de mon travail, la charge mentale en plus de tout le reste et parfois …je déborde. On s’excuse, on explique, on en parle, JE déborde, et parfois eux aussi, on essaye surtout de dé-dramatiser, sans accuser en acceptant que parfois on gère moins bien……mais il y a tant de remises en question quotidienne dans l’éducation à donner aux enfants :-), j’ai été élevée aux paires de gifles et aux fessées, aujourd’hui j’élève mes enfants dans la bienveillance et l’empathie, avec un esprit de collaboration tous ensemble dans cette famille, mais je découvre cet état d’esprit car ce n’est pas cette éducation que j’ai reçue, mais je ne doute pas quand mes enfants deviendront parents ils feront encore mieux que moi

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    1. Merci pour ton commentaire. Il n’y a personne qui soit parfait et malgré eux, les enfants nous mettent souvent face à nos failles. Je pense que se tromper, s’excuser, réévaluer est un processus nécessaire, fabuleux et difficile. Ceux qui l’entreprennent et l’admettent aide forcément le monde à être meilleur. Se renseigner, essayer de sortir du modèle qu’on a eu et qui est encore la norme, c’est déjà changer le monde, non ? Bravo à toi de participer à ça même si parfois tu trébuches !

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